Mot du Rabbin

Moché LEWIN, Rabbin de la communauté Israélite du Raincy, Villemomble, Gagny

Directeur exécutif de la conférence des rabbins européens
Auteur du livre :   Des juifs engagés dans la nation

La Paracha Nitsavim précède souvent la fête de Roch Hachana. Nous sommes avant la mort de Moché  rabbénou: comme un parent livrant ses dernières instructions à ses enfants bien-aimés, il leur fait part de son expérience et les exhorte à suivre le chemin prescrit par Dieu.

Moché leur annonce qu’un temps viendra où la majorité du peuple juif abandonnera les voies de la Torah mais que les portes du repentir seront toujours ouvertes.

Cette pénitence se divise en plusieurs étapes: en premier lieu, il est indispensable de reconnaître ses fautes. Ensuite, il est nécessaire de se fixer des objectifs et de s’engager à ne plus récidiver. Ceci peut apparaître comme un défi difficile, presque insurmontable, pouvant engendrer un certain découragement. C’est la raison pour laquelle il faut se concentrer sur des étapes à atteindre progressivement, à l’image d’une personne qui doit emprunter tous les échelons avant d’atteindre le sommet d’une échelle. Aussi, il serait regrettable d’abandonner face à des progrès qui peuvent paraître hélas trop lents.

Cette méthode concerne chaque juif, quels que soient sa spiritualité, son âge, le lieu où il réside. Le Rav Israël Salanter, fondateur du mouvement du Moussar, marchait un soir à proximité de l’atelier d’un cordonnier. Il observe ce dernier travaillant à la lumière faible d’une chandelle.

Il l’interroge : « il est tard et la chandelle va bientôt s’éteindre. Pourquoi continuer? »  Le cordonnier répond: « tant que la chandelle brûle, il est possible encore d’accomplir et de réparer. « 

Rav Salanter, interpelé par cette réponse, lui a donné une signification profonde: lors de son retour à la Yechiva, il a répété les paroles du cordonnier à ses élèves en les liant à la Techouva : tant que la Néchama vibre en moi, je peux corriger ma conduite et m’élever en empruntant le chemin divin.

Il ne faut jamais se résigner au désespoir. Peu importe le moment de sa vie, on peut se transformer, tant que l’âme juive brille, il est possible de se ressourcer. Il nous appartient de saisir cette opportunité exceptionnelle au cours des fêtes de Tichri, période particulièrement propice à ce retour vers Dieu et vers soi. Ainsi, nous serons en mesure de solliciter le Créateur afin qu’il pardonne nos fautes et nous octroie ses bénédictions pour l’année à venir.

L’année 5777 a été pour notre communauté une année intense grâce à de nombreuses activités : Chabbat mondial, conférences, voyage communautaire en Argentine, cérémonie du 72e anniversaire de la libération des camps en présence du Grand Rabbin de France Haïrn Korsia, du Dr Elie Buzyn, déporté à Auschwitz et Buchenwald, et des autorités du département.

A cet effet, je voudrais rendre hommage à Monsieur Bernard Zenou qui a présidé notre belle communauté durant onze ans. Sa gentillesse, sa simplicité et son dévouement – aux côtés de la dynamique commission administrative – ont permis d’apporter la sérénité et l’unité au sein de notre communauté.

Je souhaite associer son épouse, Madame Maguy Zenou, qui a organisé avec beaucoup de professionnalisme nos nombreux voyages communautaires au bout du monde, et a, sans relâche, épaulé son mari durant tout son mandat.

Je tiens également à saluer le travail remarquable de notre vice-président, M. Fabien Taïeb.

En juin dernier, Monsieur Daniel Zerbib est devenu notre nouveau Président. Je tiens à lui exprimer mes vœux de réussite et toutes mes bénédictions dans cette noble mission difficile mais oh combien exaltante!

Deux nouveaux membres ont été cooptés au sein de la commission administrative, et je suis certain que leur apport contribuera à ajouter de la vitalité à notre synagogue.

A l’ aube de cette nouvelle année 5778, je souhaite vous adresser tous mes vœux de bonheur, de santé et de prospérité.

Prions pour que s’accomplisse enfin la parole du prophète lsaïe : « Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers … » (Isaïe 11 :9)

Léchana tova Tikatévou vétéhatémou
Rabbin Moché Lewin